LSD : Leonor Mataillet, vous êtes la créatrice de la ligne d’objets de décoration qui porte votre nom. Parmi ceux-ci, des lampes bien sûr qui sont toutes disponibles sur le shop design. Pour commencer, et pour mieux vous connaître, comment en êtes vous arrivée au design d’objets déco ?
LM : Oui, je suis la créatrice de la ligne d’objets. J’ai toujours été attirée par l’objet. Ayant une formation de créatrice textile (Dupérée), j’ai tout naturellement commencé par des coussins, sacs, plaids. Puis, je me suis intéressée à la faïence, la papeterie. J’aimerais également travailler le verre, le bois. Tout matériau m’intéresse.
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LSD : Quand on voit vos créations, un indiscutable « esprit Leonor Mataillet » habite l’ensemble de votre collection. Comment le définiriez-vous ?
LM : Je travaille de façon très personnelle et puise toujours dans mes expériences pour créer une collection. Mes objets sont un support pour exprimer ce qui me touche avant d’être des objets de design. C’est d’ailleurs parfois un peu étrange pour moi de voir mes objets en boutique ou sur un magazine car ils sont vraiment très intimes. |
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LSD : Parlons plus spécifiquement de vos luminaires, que nous aimons beaucoup… Play n’est-il pas la matérialisation d’une enfance sublimée entre disons la comtesse de Ségur et Robert Doisneau ? Acceptez vous ces références ?
LM : Oui, pourquoi pas, je suis très flattée. D’autres me parlent d’ «Alice au Pays des Merveilles», de leurs enfants, ou encore de leur propre enfance. Je suis très heureuse lorsqu’ il y a une telle réaction et que chacun s’y retrouve à sa manière avec ses propres références ou souvenirs.
LSD : Quant à intimity. N’exprime-t-il pas à mots couverts une certaine tension entre luxure et piété, intimité et chasteté ? Dans l’Eden la pomme a-t-elle déjà été croquée ?
LM : Cette collection reflète toute la complexité de nos rapports avec le Sacré. Ces icônes sont profondément encrées dans nos inconscients. Elles n’appartiennent à personne et tout le monde à la fois. C’est pour moi un des plus grands mystères et je me suis toujours sentie entre l’incompréhension, l’admiration et le scepticisme face à la Religion. Cela fait plus de 10 ans que je travaille sur cette ambivalence et j’ai beaucoup de travaux différents sur ce thème.
LSD : Derrière Dame du lac, on sent qu’il y a une inspiration profonde de l’Asie, que l’on retrouve dans beaucoup de vos autres créations d’ailleurs. Quelle est l’histoire de votre Dame du lac ?
LM : J’ai créé cette collection après un voyage au Vietnam. L’Asie a toujours été une source d’inspiration pour moi. Tout parait légendaire et hybride. J’ai voulu créer un conte imaginaire tout en m’inspirant d’icônes rencontrées au cours de mon voyage. Plus qu’un conte religieux, il représenterait plutôt une allégorie de l’origine de cette civilisation.
LSD : Quels sont vos projets pour 2008 ?
LM : J’ai beaucoup de projets différents pour 2008. Je me partage entre la direction artistique pour un studio anglais, des projets de collections exclusives pour quelques marques, et quelques nouveautés personnelles bien sur.
LSD : Et pour finir : quelle est votre lampe préférée sur le shop design (mis à part les vôtres bien sûr) ?
LM : Je pense que c’est la suspension Delight avec ses motifs à l’intérieur et à l’extérieur de la structure. Elle est très belle aussi bien en noir que dans les couleurs plus flash (orange, bleu, rose).
LSD : Léonor Mataillet, je vous remercie. |